Janssen

Nous sommes plus de 30 000 personnes à travailler dur pour prévenir, traiter, guérir et arrêter certaines des maladies les plus dévastatrices et les plus complexes de notre époque. Des maladies cardiaques au VIH, en passant par la maladie d’Alzheimer et le cancer, nous nous mobilisons sur des questions qui touchent la vie de tout le monde.

Notre mission consiste à transformer la vie des personnes et à changer fondamentalement la prise en charge, l’interprétation et la prévention des maladies. Nous sommes convaincus que la meilleure façon de changer les choses, c’est de les remettre en question. C’est ainsi que chaque jour, dans plus de 150 pays, nous réunissons des travaux scientifiques de pointe et les esprits les plus créatifs de l’industrie pour aborder les maladies d’une manière différente.

Pour en savoir plus : https://www.janssen.com/france/prise-en-charge-de-la-schizophrenie-le-role-essentiel-des-aidants

Florence Sabatier

Florence est en charge des Relations Presse pour le Collectif Je t’Aide. Elle déploie toute son énergie à faire davantage connaître le collectif et ses missions auprès des media et à faire en sorte que la voix des aidant.e.s soit entendue.

Ayant consolidé une large expérience en communication, elle s’attache à mettre à disposition ses compétences au service du secteur associatif, par intérêt et par conviction.

« Le sujet des aidant.e.s me tient particulièrement à cœur, car nous serons tous.tes un jour aidant.e de nos parents, de nos grands-parents ou malheureusement de nos enfants. Plus de droits, une meilleure reconnaissance permettront aux aidant.e.s de soulager leur quotidien et de mieux prendre soin de leurs proches ».

Aidant.e.s : Le sentiment de culpabilité

Tout savoir sur le sentiment de culpabilité chez les aidant.e.s 

Culpabilité de ne pas adopter la bonne attitude, les bons gestes, les bons mots, sentiment d’impuissance face à la maladie, à la perte d’autonomie, culpabilité de devoir déléguer certains actes à des personnes extérieures, sentiment d’abandonner son proche.

 

Pourquoi l’aidant.e culpabilise ? Comment faire pour se détacher de ce sentiment ? Alexandra Parois, responsable du pôle psychologique et Julie Lorieau, psychologue chez RMA (Ressources Mutuelles Assistance) apportent leur éclairage sur toutes ces questions.

« Mon mari est atteint d’aphasie neurodégénérative. Je suis certainement très égoïste mais j’ai du mal à vivre cloîtrée dans un petit village ayant toujours habité en ville. Nous n’avons pas d’enfants ni de famille proche alors parfois je pleure mais comme dit le médecin : “si vous lâchez, tout s’écroule”, et moi si je m’écroule, que deviendra mon mari ? »

Pourquoi l’aidant.e ressent-il.elle de la culpabilité envers son proche? Qu’est-ce qui déclenche ce mécanisme ?

Parfois la culpabilité, quand elle est faiblement dosée, peut venir soutenir le rôle de l’aidant, pour continuer à avancer et quand cela devient trop difficile à canaliser. C’est une émotion qui va jouer un rôle de levier car elle va permettre à l’aidant.e de rester toujours aussi investi.e, mais dans une certaine mesure, il faut éviter que ce sentiment ne prenne trop de place même si parfois cela peut lui permettre de tenir. Tout est question de dosage finalement.
La culpabilité peut générer une souffrance psychique importante avec une oppression, la possibilité du coup à lâcher de temps en temps ce rôle-là pour pouvoir se ressourcer. Il y a vraiment les deux versants.
Le sentiment de culpabilité peut aussi se manifester par de l’agressivité chez certain.e.s aidant.e.s et qui peut être transféré sur le personnel soignant, les aides à domicile. Ceux-ci font un peu à la place de l’aidant.e, qui pense être devenu l’expert, celui.celle qui voulait tout porter et qui se sent désinvesti.e de sa mission ou en échec par rapport au devoir qu’il.elle s’était imposé.

La culpabilité peut se transformer en une multitude de sentiments négatifs différents, qui sont source de souffrance et se manifestent différemment en fonction de la personne.
Il y a parfois de la révolte face à la détérioration de la santé de son proche, il peut y avoir des angoisses de perdre son parent.

Quelles conséquences peut avoir la culpabilité sur l’aidant dans son quotidien ?

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Comment y faire face ? Quels conseils peut-on donner aux aidant.e.s pour atténuer ce sentiment de culpabilité ?

Le premier pas est peut-être de prendre conscience que ce sentiment de culpabilité devient envahissant, provoque de la souffrance et impacte même le quotidien et la relation d’aide. Il faut pouvoir s’autoriser à en parler.

Le regard extérieur avec un peu de reconnaissance, parfois juste souligner que ce qu’ils font au quotidien, c’est déjà énorme pour les aidant.e.s.

Ils.elles sont parfois dans un tel huis clos qu’ils.elles ne prennent plus la mesure de ce qu’ils accomplissent au quotidien.

Une des premières soupapes pour soulager l’aidant.e est de pouvoir se faire aider, qu’il.elle puisse aménager un espace de paroles pour lui.elle, auprès d’un.e psychologue quand cela est possible et accessible pour lui.elle.

Il peut aussi être utile de s’accorder un temps d’échanges avec d’autres aidant.e.s pour pouvoir mettre des mots sur ce ressenti et pour ne pas rester dans l’isolement par rapport à la souffrance que cela peut générer. Le fait d’entendre d’autres retours d’expériences peut permettre de mettre un peu à distance cette culpabilité.

  

Le rôle du soutien psychologique va avoir du sens pour maintenir l’équilibre que l’aidant.e a mis en place et dans ce qu’il fait, dans ce qu’il investit mais aussi dans les émotions que cela engendre. Il va lui permette de continuer à avancer correctement sans se mettre complètement de côté. 

C’est pas-à-pas que l’on va arriver à faire déculpabiliser l’aidant.e, à le.la faire accepter des aides extérieures. Prendre ces décisions est un cheminement et c’est d’autant plus difficile quand on a le sentiment d’avoir pris cette décision à l’insu du proche aidé, cela peut être extrêmement violent. Il faut pouvoir expliquer les besoins de l’aidé, lorsque le proche a besoin d’être placé dans un établissement spécialisé, il en va de la sécurité de la personne et aussi des limites de l’aidant.e.

Chez tous.tes les aidant.e.s il y a des limites, ils.elles ne peuvent pas pallier toutes les compétences, être sur tous les fronts et se substituer à tous les corps de métiers.
Il faut pouvoir redonner à l’aidant.e sa place dans la sphère familiale.
Il va falloir lui expliquer qu’il.elle a investi un rôle qui a pris beaucoup de place à un moment et qu’il faut réaménager un rôle qui soit un peu différent. Comment il va pouvoir se reconstruire autour de ce vide qui a été créé par le placement en institution ou parce que quelqu’un d’autre a pris le relais.On appelle cela une relation de co-dépendance. Une phrase illustre bien cette notion : « je suis indispensable et le proche aidé m’est devenu nécessaire ».
Il faut que l’aidant.e apprenne à réaménager son quotidien.

Si l’on perçoit des signes d’épuisement, il faut que l’aidant.e s’accorde du répit, mais cela se fait progressivement, c’est un cheminement qui doit venir de l’aidant.e, il ne s’agit pas de lui imposer quoi que ce soit.
Le conseil le plus simple serait de pouvoir proposer à la personne d’être attentif à ce qu’elle ressent, à s’autoriser à en dire quelques mots à ses proches, à son médecin, pour essayer de ne pas s’isoler et que d’autres personnes autour puissent être un peu sentinelle et être attentives à la place de l’aidant.e et ainsi à ce qu’il.elle puisse prendre du temps pour lui.elle.

C’est important de pouvoir s’autoriser à parler et à exprimer ses besoins propres même si le fait de demander, de parler est paradoxal avec leur propre posture d’aidant.e.
L’aide et l’écoute peuvent également venir d’intervenants du CLIC (Centre Local d’Information et de Coordination), d’une aide à domicile ou même d’une voisine ou d’un membre de la famille.

Par ailleurs, le lien social est fondamental pour l’aidant.e mais aussi pour la personne aidée. Un huis clos est délétère pour l’aidant.e et l’aidé.e.

Pour conclure, ressentir de la culpabilité est tout à fait normal et quand on en prend conscience soit on garde cela pour soi, soit on se dit « je ne suis pas à la hauteur de ce que j’aurais souhaité, comment puis-je faire autrement, comment améliorer les choses ?” Et là on s’oriente vers quelque chose d’un peu plus porteur.

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J’Aide, est le Podcast qui donne la parole (trop souvent niée) aux aidant.e.s. Leurs parcours, leurs vécus, leurs ressentis, leur identité, leurs rapports aux corps (le leur et celui de l’aidé.e)…Autant de thématiques qui seront abordées sans tabou du point de vue des concerné.e.s.

« J’ai pris conscience qu’en plus de mon rôle de mère, j’avais cette charge d’accompagner une personne handicapée ».

Zoé illustratrice

Une question sur la Journée Nationales de Aidant.e.s ?

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Avez-vous déjà envisagé le baluchonnage ?

Aidant.e.s : avez-vous déjà envisagé le baluchonnage comme solution de répit ?

S’octroyer des moments de répit est une nécessité pour les aidant.e.s. qui ont besoin de souffler, de s’oxygéner et de se détacher d’une vie pesante, voire épuisante, ne serait-ce que pour quelques heures. 

 

42%

des aidant.e.s souhaiteraient le développement de maisons de répit accueillant ponctuellement l’aidé.e ou l’aidant.e  [baromètre Fondation April ; 09/19]

Le Baluchonnage®, encore au stade d’expérimentation en France, est un dispositif de répit et d’accompagnement aidant.e-aidé.e à domicile.

Entretien avec Rachel Petitprez, directrice de Baluchon France

« C’est un souci constant qui mobilise le corps et l’esprit. Il est normal de prendre en charge un.e proche, mais pas au prix de ne plus exister soi-même. »

« Je suis épuisée, cumulant un emploi associatif et l’aide à ma mère atteinte de DV, j’habite chez elle. Elle ne sait plus lire, se trompe dans ses médicaments, etc. AUCUN temps pour moi, aucun répit, aucune vie. Les médecins comptent trop sur ma présence, et je suis en train de craquer. »

Qu’est-ce que le Baluchonnage®? 

Le Baluchonnage® est la possibilité pour un.e aidant.e d’avoir un répit de plusieurs jours en partant forcément de son domicile et en confiant son proche en situation de handicap ou en perte d’autonomie à un professionnel qui va venir habiter dans son domicile 24h/24 et occuper son rôle d’aidant.e. Sur le principe, les aides à domicile, les services, comme par exemple l’accueil de jour, sont maintenus, car ils sont nécessaires à l’équilibre, aux habitudes ou aux repères de la personne aidée. Le Baluchonneur® va occuper un peu tous les rôles tenus par l’aidant.e habituellement, par exemple les soins d’hygiène, la préparation des repas, faire les courses mais aussi aller se promener, ou encore stimuler le.la proche aidé.e, répondre aux besoins la nuit si besoin, etc…

Le Baluchonnage® existe depuis 20 ans au Québec. Il a été inventé à partir du constat que l’hébergement temporaire pouvait être délétère pour certains patients atteints de la maladie d’Alzheimer. Marie Gendron, infirmière et créatrice du Baluchonnage® a commencé avec quelques autres infirmières à faire du Baluchonnage®, c’était quasiment du bénévolat. Cela fonctionnait avec des familles aisées ou avec des dons privés.

Un des intérêts du Baluchonnage® au Québec est que cela répond à une deuxième problématique : cela donne du travail, une estime de soi, un rôle à des femmes souvent divorcées ou veuves, qui sont à la retraite et qui finalement trouvent beaucoup de sens à apporter quelque chose à la société par ce biais. Cela leur permet de travailler à la carte et en même temps cela les positionne dans un rôle encore très important, très valorisant.

Par manque de dons, l’association allait cesser de fonctionner quand le ministère de la santé a décidé de prendre le relais et de financer les Baluchonnages®. Aujourd’hui au Québec, ce sont entre 7 et 14 jours par an par aidant.e qui sont financés par le ministère.

Au Québec, le Baluchonnage® est réservé aux aidant.e.s de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, alors qu’en France, on se développe d’emblée avec l’idée de concerner tous les aidant.e.s qui accompagnent des proches atteints de toutes les pathologies. Cela peut paraître effrayant de financer du répit pour les 8 à 11 millions d’aidant.e.s, mais en fait le Baluchonnage® ne concerne que ceux.celles qui ne peuvent plus passer le relais à des membres de la famille, dont les aides extérieures ne sont pas suffisantes pour que l’aidant.e puisse s’absenter quelques jours, beaucoup peuvent vivre l’hébergement temporaire sans en souffrir. Mais certain.e.s aidant.e.s n’ont plus de solutions, le Baluchonnage® devient alors la solution.

Où en est-on aujourd’hui en France ?

En France, cela fait déjà une dizaine d’années que certains professionnels militent pour l’implantation du Baluchonnage®.

La principale difficulté à sa mise en place relevait du droit du travail, un décret permet désormais une dérogation à la législation du travail: une expérimentation inédite a donc pu débuter en 2019 qui rend possible le Baluchonnage® en France.

Un salarié peut désormais travailler 24h/24 jusqu’à 6 jours consécutifs, à l’issue de sa mission tous les repos non pris (les nuits, pause-déjeuners, etc.) lui sont dus. Ce qui fait qu’un salarié qui fait 6 jours de relayage dans le mois est ensuite au repos chez lui pendant environ 3 semaines et demie. C’est donc quasiment un temps plein puisqu’il aura effectué 144 heures de travail (6x24h).

40 structures d’aides à domicile, associatives ou privées ont été sélectionnées par la DGCS et la CNSA pour tester la dérogation à la législation du travail et mettre en place du Relayage. Parmi elles, certaines se tournent vers Baluchon France pour développer leur service en s’appuyant sur l’expérience du Québec et peuvent appeler leurs prestations « des Baluchonnages® ».

Baluchon France est une association à but non lucratif, œuvrant pour l’implantation du Baluchonnage en France, comme répit de longue durée pour les aidants.

Le Baluchonnage® va plus loin que le relayage sur certains aspects, notamment sur la formation, l’accompagnement et le soutien aux professionnels. Baluchon France accompagne ainsi 11 des 40 structures et a formé à ce jour 27 Baluchonneurs®. De nouvelles formations sont prévues en 2020 et 2021. Le démarrage de l’expérimentation est plus long que le calendrier espéré car chaque porteur doit trouver des financements pour réduire le reste à charge pour les familles.

Les dispositifs de droit commun ne prennent pas encore en compte ces prestations de répit… les porteurs se tournent donc vers les caisses de retraite, les appels à projets et quelques conseils départementaux essaient de trouver une solution de financement…

Il y a en tout cas beaucoup de familles intéressées par le Baluchonnage® . Après un an de démarches, les porteurs obtiennent des financements et plusieurs structures en France sont désormais en capacité de proposer du Baluchonnage®. L’expérimentation doit se dérouler sur 3 ans et se terminer en décembre 2021. Le retard pris dans le démarrage ajouté à la crise du Covid nous amène à militer en faveur d’une prolongation d’un an de l’expérimentation…

La pérennisation qui suivra, nous l’espérons, devra résoudre quelques questions restées en suspens : les contrats de travail, les heures supplémentaires, le temps de repos préalable…

Tout aidant.e dont le proche ne pourrait pas bénéficier d’hébergement temporaire devrait pouvoir bénéficier du Baluchonnage®.

 

Les professionnels ont-ils une formation spécifique, notamment pour accompagner des proches atteints de la maladie d’Alzheimer, de handicap ou d’autisme ?

Les professionnel.le.s sont formé.e.s par Baluchon France au Baluchonnage® : la philosophie, le cadre, le respect des limites de chacun avec beaucoup d’exemples et de jeux de rôle qui permettent à chacun de se projeter dans cette nouvelle mission. Des formations continues sont prévues deux fois par an par Baluchon France. Les Baluchonneurs sont accompagnés et soutenus en permanence par l’équipe de coordination.

Les professionnels des Services d’Aide à Domicile porteurs de Baluchonnage® sont bien sûr formés par leur employeur aux pathologies des proches qu’ils vont accompagner. Les structures qui participent à cette expérimentation ont fait le choix de faire un recrutement en interne pour leur service de Baluchonnage®.

Les profils sont le plus souvent des aides à domicile qui ont entre 10 et 20 ans d’expérience et qui ont une spécialité sur certaines pathologies. Les Baluchonneurs® sont majoritairement des femmes qui ont entre 50 et 62 ans. Ils ont toujours de l’expérience et ont un parcours de vie assez long et assez fort, ce sont en général des personnes qui ont eu à surmonter elles-mêmes les obstacles de la vie et qui ont une maturité pour comprendre qu’on va chez des aidant.e.s non pas pour faire la révolution mais pour leur offrir du répit.

Ce qui change pour elles c’est qu’elles avaient l’habitude d’intervenir pour un.e aidé.e et qu’avec le Baluchonnage®, elles interviennent auprès d’un.e aidé.e mais ce n’est que le moyen pour offrir du répit à l’aidant.e.

Nous proposons un moment de répit pour l’aidant.e, et aussi un accompagnement de qualité de l’aidé.e mais le point fort du Baluchonnage® est la formation de l’aidant.e. Cela peut être bien-sûr de constater que les choses qui ont été mises en place par l’aidant.e sont très bonnes. C’est déjà beaucoup pour un.e aidant.e de s’entendre dire que ce qu’il a fait c’est du bon travail. L’intervenant va être aussi en mesure d’apporter une réponse, des suggestions aux besoins exprimés par l’aidant.e.

Comment se passe un baluchonnage ?

Le Baluchonnage® se prévoit environ deux mois à l’avance. Il faut étudier les besoins, quels talents vont être nécessaires pour bien baluchonner. Il y a dans un premier temps des contacts téléphoniques pour répondre à toutes les questions de l’aidant.e jusqu’à ce qu’il.elle soit prêt.e à envisager une date. On va répondre à beaucoup de ses inquiétudes par téléphone.

Ensuite, le coordinateur va se déplacer au domicile, accompagné parfois d’un Baluchonneur® ou d’un psychologue, pour découvrir le domicile, l’aidant.e et l’aidé.e. et ainsi obtenir les points de détails et les points de complexité de l’accompagnement. Puis, le coordinateur étudie la faisabilité du Baluchonnage® et si nécessaire propose des aides supplémentaires.

Une fois les ajustements faits, c’est au Baluchonneur® de choisir s’il accepte ou non la mission. Cela permet au Baluchonneur® de se dire qu’il a choisi d’aller aider cette famille, il n’en sera que plus motivé !

Par la suite, si l’aidant.e est d’accord, il lui est proposé une visite de courtoisie ou un contact en visio pour sentir s’il y a bien un feeling avec le Baluchonneur®. La famille a la possibilité de consulter le profil du Baluchonneur® sur internet. L’aidant.e a ensuite encore la possibilité de poser des questions, quand la date approche, il y a souvent des craintes qui apparaissent.

Le 1er jour, le Baluchonneur® va passer 3 heures avec l’aidant.e et l’aidé.e pour que chacun s’acclimate en douceur et que la séparation arrive sereinement quand la confiance est bien instaurée. Nous vérifions toujours que l’aidé.e est d’accord aussi sur le principe. On ne va pas baluchonner chez un.e aidant.e dont l’aidé.e s’y oppose.

Un Journal d’Accompagnement rédigé par le Baluchonneur® est ensuite transmis à l’aidant.e qui peut ainsi découvrir le déroulé du Baluchonnage® jour par jour et les observations et éventuelles stratégies proposées en réponse aux difficultés qu’il avait exprimées lors de la préparation du Baluchonnage.  

A noter que nous militons pour maintenir les aides à domicile pendant le Baluchonnage® : cela constitue un maintien des repères pour l’aidé.e, une facilité pour l’aidant.e (on ne lui rajoute pas de démarches administratives) un soutien pour le Baluchonneur dans sa mission. Par exemple, si c’était complexe pour l’aidant.e de faire la toilette de son proche et qu’il fait désormais appel à un service extérieur, cela le serait probablement aussi pour le Baluchonneur, autant laisser le professionnel habitué réaliser cette tâche. Cela va permettre par ailleurs au Baluchonneur de se concentrer sur d’autres moments clés vécus par l’aidant.e.

Quels sont les retours que vous avez sur le baluchonnage ?

Les retours des familles qui ont expérimenté le Baluchonnage® sont très positifs. Au Québec, elles nous disent « être tombées en amour avec leur Baluchonneur® ! ». En France, les familles demandent souvent à renouveler l’expérience et pour une période plus longue !

Les familles soulignent que le Baluchonnage leur permet de tenir dans la durée et qu’elles en ont besoin pour poursuivre le maintien à domicile de leur proche. C’est extrêmement fort et c’est normal car les aidant.e.s ont confié ce qu’ils ont de plus cher au Baluchonneur®. Ce temps de répit leur a donné une telle bouffée d’oxygène que cela représente beaucoup pour eux.elles. L’aspect formation et transmission de connaissances est aussi beaucoup apprécié, même si certain.e.s veulent seulement du répit et ne souhaitent pas changer les choses qu’ils.elles ont mis en place pour leur proche.

Mais cela reste un long cheminement pour l’aidant.e à arriver à prendre cette décision. Il.elle est passé par différentes étapes de construction, il.elle a accepté l’accueil de jour, les aides à son domicile. C’est un travail dans la longueur avant qu’il.elle soit prêt.e à quitter son domicile et à passer la main. Il.elle comprend et accepte que d’autres personnes s’occupent de leur proche, viennent à leur domicile car il.elle prend conscience qu’il.elle a besoin de répit, de se déplacer pour son travail, pour aller voir ses enfants, se faire opérer, etc., …

Il peut se passer plusieurs mois entre le tout premier appel pour des demandes d’informations et le moment où l’aidant.e confie son proche à un Baluchonneur®.

Les aidant.e.s attendent longtemps avant de s’accorder du répit. Ils.elles entendent très bien qu’il faut qu’ils.elles prennent soin d’eux mais ils.elles ne réagissent que lorsque les signes d’alerte sont très forts. Ils.elles espèrent être capables de déjouer le sort et de faire face. Je pars du principe qu’on est tous contents d’avoir des congés quand on est salarié, même les retraités sont contents d’avoir des vacances. Donc, il faut que ce soit un principe de base, valable aussi pour les aidant.e.s, qui doivent pouvoir s’accorder du répit.

Pour trouver du Baluchonnage®, consultez la carte de France répertoriant les structures qui proposent du Baluchonnage®. Actuellement 16 départements sont couverts et bientôt de nouveaux !

Si on pouvait offrir un baluchonnage ne serait-ce que 5 jours par an et par aidant en France, ce serait déjà beaucoup.

 

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Stéphanie Barré

Assistante de service sociale depuis 20 ans, Stéphanie Barré exerce actuellement en tant que responsable du Département Psycho-social de RMA (Ressources Mutuelles Assistance). Une équipe composée d’assistantes, de travailleurs sociaux, de psychologues qui accompagnent chaque jour les aidant.e.s pour les soutenir dans leurs démarches administratives, permettre l’accès aux droits et leur apporter un soutien psychologique en leur laissant un espace de paroles pour qu’ils.elles puissent exprimer leurs difficultés et leurs angoisses.

Elle a travaillé tout au long de sa carrière en tant qu’assistante de service social dans le secteur de la santé, à l’hôpital, dans des services de gérontologie, en milieu associatif auprès des toxicomanes , en mutualité auprès des adhérents , en entreprise auprès des salarié.e.s qui se retrouvent parfois en difficulté pour aider un enfant en situation de handicap, un conjoint.e ou un.e ascendant.e.

“Parce que devenir aidant.e peut bouleverser toute une vie familiale, personnelle et professionnelle, je suis fière de travailler au sein de RMA et de ce Département composés de  professionnels investis qui accompagnent ces personnes aidantes parfois démunies, perdues, isolées. Qui parfois ne demandent qu’une écoute et une reconnaissance de leur statut.”

AG2R La Mondiale

Spécialiste de la protection sociale et patrimoniale en France, AG2R La Mondiale assure les particuliers, les entreprises et les branches, pour protéger la santé, sécuriser le patrimoine et les revenus, prémunir contre les accidents de la vie et préparer la retraite. 

Société de personnes à gouvernance paritaire et mutualiste, AG2R La Mondiale cultive un modèle de protection sociale unique qui conjugue étroitement rentabilité et solidarité, performance et engagement social. Le Groupe consacre chaque année plusieurs millions d’euros pour aider les personnes fragilisées et soutenir des initiatives individuelles et collectives.

En tant qu’acteur socialement très engagé, AG2R La Mondiale œuvre au quotidien dans l’intérêt général et intervient, dans le cadre de ses activités sociales, autour de 4 axes prioritaires : favoriser la qualité de vie au domicile, améliorer la santé par la prévention, agir sur l’emploi pour lutter contre l’exclusion et apporter du soutien aux aidant.e.s. Parce que chaque aidant.e d’un proche est différent, AG2R La Mondiale accompagne les aidant.e.s en répondant à leurs besoins propres : information, écoute et soutien, accès à des solutions d’hébergement, repos, santé, conciliation de la vie professionnelle et personnelle. Il est pionnier dans le soutien qu’il apporte aux salarié.e.s aidant.e.s en entreprises, au travers d’actions personnalisées, collectives et individuelles.

Pour en savoir plus: www.ag2rlamondiale.fr/innovateur-social/